Témoignages divers - Risques spécifiques au milieu maritime -

TEMOIGNAGES

 

Témoignages du côté des bénéficiaires 

 

  • L’aide de 400 euros que j’ai reçue m’a  tellement  réconfortée puis  permis de passer un hiver avec du chauffage !  Je suis veuve de marin, j’ai 84 ans,  je vis seule avec environ 750 €  par mois. Mon loyer mensuel  s’élève à 300 € une fois l’allocation logement déduite et mes charges EDF, chauffage, eau, mutuelle, assurance, à 250 € : je fais très attention toute l’année car il ne me reste que 200 € par mois pour tout le reste  mais lorsque ma chaudière est tombée en panne, mes quelques  économies n’ont pas suffi pour la réparation : j’ai eu très peur... Le Service Social Maritime que j’ai connu au moment du décès de mon mari, s’est tourné vers Les Abris du Marin  qui m’ont tout de suite aidée : cela ne m’était jamais arrivé… 
  • Merci vraiment aux Abris du Marin pour le travail qu’ils font et l’aide qu’ils apportent à des personnes dans une situation comme la mienne : je n’avais personne d’autre pour m’aider et  je ne voulais rien. J’ai pu expliquer au Service Social Maritime, vers qui je me suis tourné, les conséquences financières  de mon arrêt de travail avec une forte baisse de revenu et l’absence de mutuelle ; je finissais par mettre en péril les soins que je devais entreprendre faute de moyens ! Par le relai de l’Assistant Social Maritime, l’association a proposé de prendre en charge l’adhésion et plusieurs mensualités d’une mutuelle : cela m’a permis effectivement d’avoir accès au tiers payant en pharmacie ou à l’hôpital pour le forfait hospitalier. Ils m’ont fait confiance et cela aussi,  a été très important pour moi.

 

Témoignages du côté du Service Social Maritime

 

  • L’association Les Abris du Marin  nous  permet de présenter les situations financières les plus fragiles que nous rencontrons : ces personnes ont souvent d’autres difficultés que leur  faible revenu ou leurs dépenses imprévues  et c’est parfois difficile de trouver une « accroche » concrète pour  qu’ils aient envie de travailler avec nous vers leur autonomie ou leur mieux être . Or  il y a de moins en moins d’organismes ou d’institutions qui peuvent aider financièrement sauf au travers de démarches extrêmement complexes et longues ! Lorsque nous remettons ces aides aux marins ou aux pensionnés, au-delà de la satisfaction et du service  que cela leur procure, cela nous permet très souvent, à nous travailleurs sociaux, d’aller plus loin avec eux.
  • Aujourd'hui, sans Les Abris du Marin  et l’Œuvre du Marin Breton qui ouvrent leur porte aux marins actifs comme aux retraités avec compréhension, empathie , générosité et simplicité… je ne sais pas comment nous ferions pour  toutes ces situations de précarité ponctuelle , souvent liées à des accidents de vie que personne ne peut prévoir et pour lesquels il existe de moins en moins de dispositifs à terre.
  • On sent que Les Abris du Marin, par l’intermédiaire du Service Social Maritime cherchent à rencontrer  et à comprendre la situation de la personne fragilisée : au-delà des papiers ou justificatifs, ou seuls chiffres, ils  prennent le temps  lors des  commissions  qu’ils organisent, d’écouter les exposés, de comprendre et de partager la recherche de solutions. L’association Les Abris du Marin, tout comme l’'Oeuvre du Marin Breton, sont des institutions précieuses pour nos marins actifs ou pensionnés, de même pour nous, assistantes sociales, qui œuvrons au sein du Service Social Maritime.

La conjoncture actuelle amène de plus en plus de précarité, et l’action sociale de l’ENIM n’intervient que lorsqu’il y a un contexte de maladie. Pour tous les autres cas, il est parfois difficile de trouver des solutions d’urgence. En cela, les Abris du Marin apportent la bouée de sauvetage nécessaire pour pallier aux difficultés les plus pressantes, ce qui nous permet, à nous, assistantes sociales, de travailler plus sereinement un projet à moyen ou long terme.

Un exemple : la reconnaissance d’une famille de 6 personnes, dont le chef de famille est marin-pêcheur sur un fileyeur. Les derniers mois de l’année 2015 ont été catastrophiques (fiches de paie à moins de 500 €, voire parfois même négatives).

Les Abris du Marin ont pu permettre une aide alimentaire et le règlement d’une facture urgente. L’épouse de ce marin a été très émue à l’annonce de l’aide apportée et remercie Les Abris du Marin.

C’est bien que les associations comme Les Abris du Marin existent pour venir en aide aux marins ; un grand merci à eux.

A noter que le fonctionnement de l’association est expliqué aux familles à chaque fois.

Une autre famille de 6 personnes a également été soutenue pour une aide au paiement du loyer, survenu à la suite d’un grave accident cérébral du chef de famille. Leur moyenne économique journalière était de 0.75 € par jour et par personne.

 

Là encore, un grand merci aux Abris du Marin pour son existence.

 

 

PRINCIPAUX RISQUES FINANCIERS SPÉCIFIQUES AU MILIEU MARITIME

 

Risques liés à la santé

 

La baisse de revenu en arrêt de travail et en inaptitude à la navigation est la principale raison des demandes d'aides financières et notamment de la part des marins pêcheurs. En effet le marin doit remplir des conditions très précises d'aptitude physique et mentale pour naviguer ; dès qu'un problème de santé entre dans les champs de restriction ou d'inaptitude définis par les textes, il doit non seulement faire face à une baisse très importante de son revenu (surtout si son armement ou lui même n'avaient pas souscrit un régime de prévoyance) mais aussi se préparer à une reconversion professionnelle parfois très coûteuse.

 

Le marin pêcheur est particulièrement exposé à des risques d'accidents ou de pathologies invalidantes ; en arrêt de travail puis en en inaptitude, il percevra 50% du salaire qui a servi de base aux cotisations sociales.

Les marins cotisent tous sur la base d'un salaire forfaitaire lié à leur qualification ; un matelot peu qualifié aura ainsi une pension pour inaptitude de 600 à 800 euros par mois en moyenne, laissant peu de place aux règlements des charges liées au logement, à l'éducation des enfants ou encore à une mutuelle pour sa santé.

Les aides des associations permettent dans ces périodes un maintien de la mutuelle sur plusieurs mois ou encore le règlement de plusieurs mois de loyer...

 

De nombreux efforts d'information sont aujourd'hui réalisés par les différents acteurs du milieu maritime pour encourager les armements ou les marins à adhérer à un régime de prévoyance pour les arrêts de travail mais il n'y pas encore d'obligation pour la pêche artisanale (navires moins de 25m).

 

Risques liés à l’emploi

 

Les métiers maritimes et notamment ceux de la pêche et de la conchyliculture sont exposés non seulement aux intempéries mais aussi  aux pollutions ou raréfactions des ressources.

Or  il n'existe pas de dispositifs d'état systématiques. Le marin peut alors se retrouver au chômage partiel ou total, parfois non indemnisé, sur des périodes  longues. Certains petits armements ne s'en remettent pas et doivent parfois cesser leur exploitation.

La solidarité portée par les associations dans ces situations où les marins se retrouvent très brutalement en dessous du seuil de pauvreté, permet d'une part une aide financière ponctuelle sur des charges familiales ou personnelles incontournables, et d'autre part,  permet au marin de se sentir épauler par son milieu professionnel.

 

De nombreux marins sont obligés, pour pérenniser leur emploi ou y accéder lorsqu’ils sont au chômage, de suivre des formations pour obtenir les brevets adaptés ; dans ce cas leur salaire n'est pas maintenu et  les indemnités dédiées se situent  souvent en dessous de 1000 euros laissant là encore, s’il n'y a pas eu d'épargne préalable ou si elle est épuisée, des risques importants de déséquilibre budgétaire pour la famille.

 

Enfin beaucoup de femmes de marins ne travaillaient pas jusqu'à ces 20 dernières années ; aussi lorsqu'elles se retrouvent veuves et en retraite, elles ne perçoivent que la pension de réversion maritime souvent proche du minimum vieillesse (environ 850 € par mois en 2016)

Qu'elles soient propriétaires sans pouvoir faire face aux travaux de salubrité ou qu'elles soient locataires, leurs charges liées aux besoins primordiaux sont souvent trop lourdes et les mettent dans des situations inextricables lorsque de plus, elles ne peuvent se  tourner vers leurs enfants.

Chaudières en pannes, ballons d'eau chaude, fuel, frais de santé peu remboursés sont  des urgences sur lesquelles les associations peuvent intervenir et soulager ponctuellement ces personnes en complément des aides de droit commun qui, souvent, sont insuffisantes.

 

En conclusion, la vraie spécificité est que la cotisation des marins est calculée sur un salaire forfaitaire lié à leur qualification ; si les marins de commerce gagnent un revenu à peu près équivalent à leur salaire forfaitaire, il n’en va pas de même pour les pêcheurs qui peuvent gagner beaucoup plus ou beaucoup moins (système du salaire à la part à la pêche).

Si le marin pêcheur n’épargne pas quand il gagne un bon revenu ou si il est en arrêt de travail trop longtemps, il se retrouve dans une précarité rapide surtout si il a des crédits. 

 

Enfin il faut savoir que les pêcheurs n’ont pas droit au chômage. 

 

Anne Simon, assistante sociale

 

Détail des conditions ENIM

 

Les marins sont classés en 20 catégories selon leurs fonctions à bord et les types de navire ou de navigation. A chaque catégorie correspond un salaire forfaitaire fixé par décret interministériel, sur la base du salaire moyen des marins correspondant à ces fonctions.

 

Pendant un arrêt de travail, prescrit par un médecin ou un praticien hospitalier, le marin perçoit des indemnités journalières de la part de l’ENIM, sous réserve d’y être affilié et d’avoir des droits ouverts. Ces indemnités sont calculées sur la base du salaire forfaitaire par rapport à la situation du marin. 

 

- En cas de maladie hors navigation le marin perçoit 50 % du salaire forfaitaire de sa catégorie après un délai de carence de trois jours.

 

- En cas d’accident de travail maritime ou de maladie professionnelle le salaire est maintenu en totalité par l’employeur pendant un mois à compter du lendemain du débarquement ou rapatriement. À partir du deuxième mois, il perçoit les deux tiers du salaire forfaitaire de sa catégorie.

 

- En cas de maladie en cours de navigation le salaire est maintenu en totalité par l’employeur pendant un mois à compter du lendemain du débarquement. À partir du deuxième mois, il perçoit 50 % du salaire forfaitaire de sa catégorie.

 

 

 

 
Dernière modification : 29/11/2018