Historique

Jacques de Thézac, le fondateur de l'Oeuvre des Abris du Marin et de l'Almanach du Marin Breton

Jacques de Thézac dans son auto-canot bordée à clins ; le véhicule est chargé de ballots de feuilles d'eucalyptus (photo de P. Quéméré).  

Fils d'Émile Compagnon de Thézac et de Louise de Balby de Vernon, Jacques de Thézac, encore adolescent, se passionne pour la voile et, seul sur son canot, navigue entre La Rochelle et Oléron. Séduits par l’intrépidité du jeune garçon, les pêcheurs du voisinage le surnomment "le capitaine américain". Il participe ensuite à des régates en Bretagne (jusqu'à Roscoff) à bord de différents bateaux et prend conscience de la misère des marins pêcheurs.

 

Il épouse en 1888 Anne de Lonlay une bretonne de Concarneau et le couple s'installe à Ste Marine. Depuis sa villa L'Hermitage, Jacques de Thézac observe la vie des pêcheurs, leur dur labeur dans les chaloupes ouvertes à toutes les intempéries et leurs moments de détente à terre.

 

La misère qu'il constate et la place qu'occupe l'alcool le décident alors, avec son matelot Pierre Quéméré, de se consacrer à l’amélioration des conditions d'existence des marins pêcheurs.

 

 

 

 

 

1862 : naissance à Orléans


1888 : mariage avec Anne de Lonlay. Installation à Sainte Marine


1899 : lancement de l'Oeuvre des Abris du Marin et de l’Almanach du Marin Breton

 

1900 : création du premier Abri du Marin


1920 : l’Œuvre est reconnue d’utilité publique


1927 : séparation des comptes Almanach – Abris du Marin


1935 : séparation Almanach – Abris du Marin


1936  : mort  de Jacques de Thézac, grand chrétien et pionnier de l’action sociale maritime.

 

L'Oeuvre des Abris du Marin et de l'Almanach du Marin Breton (lancée en 1899)

 

En 1899, Jacques de Thézac  fonde "l’Oeuvre des Abris du Marin et de l'Almanach du Marin Breton" ; elle a son siège à Sainte Marine en Combrit par Pont-L'Abbé-Lambourg (Finistère) et son but est "d'étudier et de rechercher consciencieusement et dans l'esprit le plus désintéressé, les moyens d'améliorer l'état moral ou matériel des marins-pêcheurs et notamment de lutter contre les ravages de l'alcoolisme".


En 1927 l'oeuvre initiale est divisée en deux comptes ("L'Oeuvre des Abris du Marin" et "L'Almanach du Marin Breton") ; en 1992, "l'Oeuvre des Abris du Marin" change sa mission  et modifie son appellation en "Les Abris du Marin". 

 

 

 

Les différents présidents de l'association :

Jacques de Thezac  de 1899 à 1936

 

Jean Raffenel de 1936 à 1954
 

Pol Friant de 1954 à 1961
 

Contre-amiral des Essarts de 1961 à 1979
 

Administrateur général des Affaires Maritimes René Georgelin de 1979 à 1985
 

Administrateur général des Affaires Maritimes Jean Lepvrier 1985 à 1990
 

Vincent Etienne Nédélec 1990 à 1992
 

Simon Le Rhun de 1992 à 2006
 

Roger Guillamet  2006 

 

 

En 2006 l'oeuvre devient Association "Les Abris du Marin".

Les abris sont inspirés des sailors’s homes britanniques ; Jacques de Thézac décide d’offrir aux marins des bâtiments situés sur le port leur permettant de trouver un abri dans des locaux sains, chauffés, confortablement aménagés avec des salles de réunion et d’éducation.

 

"Ces Abris du Marin, ce n'est rien moins qu'une vaste entreprise de sauvetage moral" Maurice Barres (discours à l'Académie).

 

Entre 1900 et 1933, du vivant de leur fondateur, onze Abris du Marin sont implantés dans les ports du Finistère et un  dans le Morbihan ; en 1985, considérant que les Abris ont "bien rempli leurs missions" et sont heureusement "dépassés par l'heureuse évolution sociale et économique du monde de la pêche", les 3 derniers abris sont fermés et vendus ; Jacques de Thézac s'en serait certainement réjoui...

 

Fondation et implantation des Abris du Marin

  • Le Guilvinec (1900/1985), agrandi en 1923,

  • Ile de Sein (1900/1933) et extension (1906/1973),

  • Lanriec (1901/1957),

  • Audierne (1901/1956),

  • Concarneau (1901/1960),

  • Belle Ile - Le Palais (1901/1965),

  • Camaret-sur-Mer (1903/1961),

  • Sainte Marine, 1er abri (1904) puis abri actuel (1910/1985 et rénové 2008),

  • Ile Tudy (1908/1933),

  • Roscoff (1909/1952),

  • Douarnenez (1914/1973),

  • Poulgoazec (1933/1985),

  • Quiberon / Port Maria (1946/1971),

  • Ile d'Houat (1950/1965),

  • St Guénolé (1952/1973)

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Des lieux très fréquentés 

Créés en 1900 pour abriter et soutenir le marin-pêcheur breton, les Abris du Marin développent généreusement leur action jusqu'en 1985   tant sur le plan social que moral ; les abris les plus fréquentés sont Douarnenez, Le Guilvinec, passage Lanriec, Audierne et Concarneau.

 

Le journal Ouest-Éclair donne, pour l'année 1919, des précisions sur leur fréquentation :

"Les Abris du Marin ont retrouvé leur vie normale : les entrées de 1919 ont progressé de plus de cent mille sur l'année précédente. Ces établissements ont enregistré 335 670 entrées de marins, dont 60 134 entrées aux salles de lecture. Ces entrées se répartissent comme suit : Abri du marin de l'Île-de-Sein : 11 188, Guilvinec 52 874, Passage-Lanriec 33 230, Concarneau 23 164, Audierne 30 596, [Le] Palais 14 509, Camaret 12 872, Sainte-Marine 7 457, l'Île-Tudy 10 076, Roscoff 15 219, Douarnenez 129 085". 

 

 

L'Abri du Marin (Ti Ar Martolod) - fonctionnement

 

31Outre une salle  où étaient donnés des conférences, des cours de perfectionnement en navigation ou des séances de projection, l'Abri du Marin comportait le logement du gardien, une bibliothèque, un dispensaire, des chambres pour les marins de passage, des ateliers où ils pouvaient réparer leurs équipements et un préau équipé de matériels de gymnastique.

 

Les Abris du Marin ont reçu des millions de marins qui vont y trouver un refuge, des cours de matelotage, de navigation, de radiotélégraphie, des jeux, des journaux, des revues et des livres, des soins etc.

L’alcool y était interdit ; on y trouvait que de l’eau et des tisanes d’eucalyptus.

 

Catholique fervent, l’action de Jacques de Thézac était sous-tendue par ses convictions religieuses. Sans faire de prosélytisme, les maximes rappelées sur les murs intérieurs des Abris et dans l’Almanach du Marin Breton s’inspiraient des préceptes de l’Evangile.

 

 

D'innombrables panneaux appelaient les marins à la tempérance et énonçaient  les grands principes qui devaient guider leur vie. On y trouvait également des contenus plus professionnels : cartes marines, systèmes de balisage, etc.

 

 

Facilement reconnaissables à leur couleur rose, les murs extérieurs des abris s'ornaient de devises comme :

 

Karet an eil egile  (Aimez vous les uns les autres )

 

Doue, Henor hag ar Vro  (Dieu, Honneur et Patrie)

 

Doue, Familh, Dever, ar Mor  (Dieu, Famille, Devoir, la Mer)

 

 

Les Oeuvres annexes : l'Oeuvre du Bien du pêcheur et l'Almanach du Marin Breton

 

L’Œuvre du Bien du Pêcheur (1906)

 

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Créée en 1906 "l'Oeuvre du Bien du Pêcheur" a pour but, selon Jacques de Thézac, de " faciliter, à des conditions avantageuses, tant l’achat que la location de logements salubres, gais, commodes, aux jeunes ménages de marins pêcheurs, de faire connaître et adopter peu à peu certaines particularités de construction et d'installation rendant la maison et le jardin du pêcheur plus hygiéniques et plus profitables, de rendre impossible les entassements humains".

 

Ainsi 4 petites maisons modèles sont construites à Sainte Marine, cité-jardin de Kerheol ("village du soleil").

 

 

 

L'Almanach du Marin Breton (1899)

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"Nous sommes quelques amis qui vivons au milieu de vous, à terre et en mer. Nous voyons de près vos qualités...Nous voulons vous rendre service et vous aider à être plus heureux... C'est dans ce but que nous avons composé cet almanach..." Jacques de Thézac.

 

"L’Almanach du Marin Breton" est une publication professionnelle et éducative dont la première édition paraît en 1899. Cette revue permet à son fondateur de faire passer des messages concernant l’hygiène, la tempérance, le secourisme, la sauvegarde des marins en mer etc.

 

En mélangeant les données nautiques, les conseils professionnels, des instructions diverses et les pages d’attraction avec des chansons des maximes, des caricatures et des blagues, l’ouvrage est un succès inespéré et prometteur. Publiée à 6000 exemplaires, la première édition de l'Almanach du Marin Breton est épuisée en trois semaines et l'année suivante, le tirage de 13000 exemplaires s'avère insuffisant.

 

 

 

Que reste-t-il de l'oeuvre de Jacques de Thézac ?

  • "L’Œuvre des Abris du Marin et de l'Almanach du Marin Breton" avait pour but la lutte antialcoolique et l’instruction professionnelle, avec comme objectif principal de « Vivre heureux en bonne santé ».  A partie des années 1950-1960, l'évolution de la marine et la hausse du niveau de vie et des conditions sanitaires générales ont entrainé leur fermeture progressive ; plusieurs ont été vendus à des particuliers, d'autres sont devenus des musées ou des locaux sociaux culturels. Quatre sont protégés depuis 2007 en tant que monuments historiques : les deux abris de Sein et ceux de Ste Marine et Douarnenez.

L'objectif de l'association "Les Abris du Marin" est de prolonger l’action de "l’Œuvre des Abris du Marin et de l'Almanach du Marin Breton".

 

  • L’Œuvre du Bien du Pêcheur n’a pas de suite faute de moyens financiers suffisants.
  • L’Almanach du Marin Breton est toujours publié ; il s’adresse un peu plus aux plaisanciers qu’aux professionnels ; le discours moralisateur a disparu. Les lecteurs trouvent dans la revue tout ce qu’il faut savoir pour naviguer sur les côtes françaises : horaires des marées, cartes nautiques, textes administratifs obligatoires…

L'Almanach du Marin Breton fournit les ressources de l'action sociale par l'intermédiaire de l'Oeuvre du Marin Breton (voir onglet "Liens utiles")

 

 
Dernière modification : 14/04/2017