L'Association - Fonctionnement, conditions particulières liées à la profession de marin - Témoignages

 

Retour de pêche - photo Jean Jacques Abalain

L’association "Les Abris du Marin" est une œuvre sociale (Loi du 1er juillet 1901), reconnue d'utilité publique en 1920 et confirmée en 2006 ; elle a été honorée par l’Académie Française (1907 et 1924) et par l’Académie des Sciences Morales et Politiques (1917 et 1932).

 
 
Elle est partenaire du Lycée Professionnel Maritime du Guilvinec et du Service Médical des Gens de Mer dans la prévention des conduites addictives dans le monde de la pêche.
 

 

Composition du Conseil d’administration :

Le conseil d’administration est constitué des membres ci-après : 

 

Roger Guillamet, retraité, Président, 

Eliane Nazet, retraitée, Trésorière, 

Olivier Demanche, retraité, Secrétaire,

Pierre-Jean Berrou, retraité, Secrétaire adjoint,

René Bernard, retraité, membre,

Marie Christine Hervouet-Dion, directrice FAF pêche et cultures marines, membre 

Hubert Andro, retraité, membre

Pierre Rolland, membre,

Jacques Schirmann, retraité, membre,

Louis Cozic, retraité, membre,

Pierre Iweins, expert comptable, membre es qualité (représentant de la famille J.de Thézac),

Mr le Directeur Général du S.S.M., membre,

Mr le Directeur de l’ENIM, membre es qualité,

Mr l’Administrateur Général, inspecteur général des Affaires Maritimes, membre es qualité

Mr l’Administrateur, chef du service des Affaires Maritimes, membre es qualité,

Mr le Président de l’AGISM, membre es qualité.

 

 
 

 

Fonctionnement 

 

L'association se réunit deux fois par an en commissions sociales où lui sont présentés les dossiers préparés par le SSM (Service Social Maritime). 

 

L’instruction des dossiers par les professionnels du SSM, bien au fait de la situation sociale et matérielle de la population maritime, permet une approche dynamique des cas soumis ; le SSM présente les demandes d'aide (voir ci-dessous la synthèse), en tenant compte de l’esprit et des priorités de l'association.

 

Les aides sont toujours affectées à des actions spécifiques comme des cotisations de mutuelle, le règlement de loyers permettant aux familles en difficulté de reprendre contact avec leurs bailleurs ou de factures d’eau ou d’électricité afin d’éviter des coupures.

 

L'association constate de plus en plus une précarisation très importante de couples retraités ; leurs revenus, insuffisants,  permettent difficilement de subvenir aux besoins courants et tout  besoin complémentaire désorganise les budgets et les oblige à solliciter une aide exceptionnelle.                           

En 2016, l'association a apporté son aide à 64 familles pour 20 k€.

 

 

CONDITIONS PARTICULIÈRES LIÉES À LA PROFESSION DE MARIN

Un régime de sécurité sociale spécifique

Les marins relèvent de l’ENIM, organisme ayant pour mission de gérer le régime spécial de sécurité sociale des marins et des gens de mer du commerce, de la pêche, des cultures marines et de la plaisance, en ce qui concerne les risques vieillesse, décès, accident du travail et maladies professionnelles, maladie, maternité et invalidité ; l'ENIM est perçu par la profession maritime, tant active que retraitée, comme inhérent au métier de marin.

Aujourd’hui, le régime de sécurité sociale des marins concerne une population d’environ 30 000 marins actifs et 120 000 pensionnés, répartie sur le littoral métropolitain, dans les départements et territoires d’outre-mer et à l’étranger.

L'ENIM assure également la taxation et le recouvrement des contributions et cotisations sociales.

 

Des risques financiers 

Le salaire

La spécificité des marins est que leur cotisation est calculée sur un salaire forfaitaire lié à leur qualification ; si  les marins de commerce gagnent un revenu à peu près équivalent à leur salaire forfaitaire, il n’en va pas de même pour les pêcheurs qui peuvent gagner beaucoup plus ou beaucoup moins (c’est le système du salaire à la part de pêche) ; si le marin pêcheur n’épargne pas quand il gagne un bon revenu ou si il est en arrêt de travail trop longtemps, il se retrouve dans une précarité rapide surtout si il a des crédits. 


La santé 

La baisse de revenu en arrêt de travail et en inaptitude à la navigation est la principale raison des demandes d'aides financières et notamment des marins pêcheurs. En effet le marin doit remplir des conditions très précises d'aptitude physique et mentale pour naviguer.

Dès qu'un problème de santé entre dans les champs de restriction ou d'inaptitude définis par les textes, il doit non seulement faire face à une baisse très importante de son revenu (surtout pour le marin pêcheur si son armement ou lui même n'avait pas souscrit à un régime de prévoyance) mais aussi se préparer à une reconversion professionnelle parfois très coûteuse.

Le marin pêcheur est particulièrement exposé à des risques d'accidents ou de pathologies invalidantes ; en arrêt de travail puis en en inaptitude, il percevra 50% du salaire qui a servi de base aux cotisations sociales.

 

Les marins cotisent tous sur la base d'un salaire forfaitaire lié à leur qualification ; un matelot peu qualifié aura ainsi une pension pour inaptitude en moyenne de 600 à 800 € par mois laissant peu de place aux règlements des charges liées au logement, à l'éducation des enfants ou encore à mutuelle pour sa santé.

 

Les aides des associations permettent dans ces périodes un maintien de la mutuelle sur plusieurs mois ou encore le règlement de plusieurs mois de loyer...

 

De nombreux efforts d'information sont aujourd'hui réalisés par les différents acteurs du milieu maritime pour encourager les armements ou marins à adhérer à un régime de prévoyance pour les arrêts de travail mais il n'y pas  encore d'obligation pour la pêche artisanale (navires moins de 25m).

 

L'emploi

Les métiers maritimes et notamment ceux de la pêche et de la conchyliculture sont exposés non seulement aux intempéries mais aussi  aux pollutions ou raréfactions des ressources : or, il n'existe pas systématiquement de dispositifs d'état. Le marin peut alors  se retrouver au chômage partiel ou total, parfois non indemnisé, sur des périodes  longues. Certains petits armements ne s'en remettent pas et doivent parfois cesser leur exploitation.

 

La solidarité portée par les associations, dans ces situations où les marins se retrouvent très brutalement en dessous du seuil de pauvreté, permet d'une part une aide financière ponctuelle sur des charges familiales ou personnelles incontournables et d'autre part,  permet au marin de se sentir épauler par son milieu professionnel.

 

De nombreux marins sont obligés, pour pérenniser leur emploi, ou y accéder lorsqu'ils sont au chômage, de suivre des formations pour obtenir les brevets adaptés : leur salaire n'est pas maintenu et  les indemnités dédiées se situent  souvent en dessous de 1000 € laissant là encore, si il n'y a pas eu d'épargne préalable ou si elle est épuisée, des risques importants de déséquilibre budgétaire pour la famille.

 

Beaucoup de femmes de marins ne travaillaient pas jusqu'à ces 20 dernières années : aussi lorsqu'elles se retrouvent veuves et en retraite, elles ne perçoivent que la pension de réversion maritime souvent proche du minimum vieillesse (environ 850 € par mois en 2016). Qu'elles soient propriétaires sans pouvoir faire face aux travaux de salubrité ou qu'elles soient locataires, leurs charges liées aux besoins primordiaux sont souvent trop lourdes et les mettent dans des situations inextricables lorsque de plus, elles ne peuvent se  tourner vers leurs enfants.

Chaudières en pannes, ballons d'eau chaude, fuel, frais de santé peu remboursés.. sont  des urgences sur lesquelles les associations peuvent intervenir et soulager ponctuellement ces personnes en complément des aides de droit commun qui ,souvent, sont insuffisantes.

 

Anne Simon - Olivier Demanche

TEMOIGNAGES DE FAMILLES DE MARINS ET DU SERVICE SOCIAL MARITIME

L’aide financière de l'Association : un souffle d’air pour le marin actif ou pensionné et sa famille.
 

Témoignage d'une veuve de marin 

 

"L’aide de 400 € que j’ai reçue m’a  tellement  réconfortée puis  permis de passer un hiver avec du chauffage !

Je suis veuve de marin, j’ai 84 ans, je vis seule avec environ 750 € par mois ; mon loyer mensuel  s’élève à 300 € (une fois l’allocation logement déduite) et mes charges EDF, chauffage, eau, mutuelle, assurance, s'élèvent à 250 €.

Je fais très attention toute l’année car il ne me reste que 200 € pour tout le reste  par mois  mais lorsque ma chaudière est tombée en panne, mes quelques  économies n’ont pas suffi pour la réparation : j’ai eu très peur !

Le Service Social Maritime que j’ai connu au moment du décès de mon mari, s’est tourné vers l'Association des Abris du Marin qui m’a tout de suite aidée : cela ne m’était jamais arrivé."

 

Autre témoignage  

 

"Merci vraiment à l'Association des Abris du Marin pour le travail qu’ils font et l’aide qu’ils apportent à des personnes dans une situation comme la mienne : je n’avais personne d’autre pour m’aider et  je ne voulais rien :  j’ai pu expliquer au Service Social Maritime vers lequel je me suis tourné, les conséquences financières  de mon arrêt de travail avec une forte baisse de revenu et l’absence de mutuelle…

Je finissais pas mettre en péril les soins que je devais entreprendre faute de moyens ! 

Par le relais de l’Assistant Social Maritime, l'Association des Abris du Marin a proposé de prendre en charge l’adhésion et plusieurs mensualités d’une mutuelle : cela m’a permis effectivement d’avoir accès au tiers payant en pharmacie ou à l’hôpital pour le forfait hospitalier.

Ils m’ont fait confiance et cela aussi a été très important pour moi".

 

L’aide financière de l'Association : un soutien pour les missions d’accompagnement du Service Social Maritime
 

Témoignage d'une personne du Service Social Maritime

 

"L'Association des Abris du Marin nous  permet de présenter les situations financières les plus fragiles que nous rencontrons : ces personnes ont souvent d’autres difficultés que leur  faible revenu ou leurs dépenses imprévues  et c’est parfois difficile de trouver une accroche concrète pour  qu’ils aient envie de travailler avec nous vers leur autonomie ou leur mieux être .

Or  il y a de moins en moins d’organismes ou d’institutions qui peuvent aider financièrement sauf au travers de démarches extrêmement complexes et longues !

Lorsque nous remettons ces aides aux marins ou aux pensionnés, au-delà de la satisfaction et du service  que cela leur procure, cela nous permet très souvent, à nous travailleurs sociaux, d’aller plus loin avec eux."

 

Autre témoignage

 

"Aujourd’hui, sans l'Association des Abris du Marin et l'Oeuvre du Marin Breton qui ouvrent leur porte aux marins actifs comme aux retraités avec compréhension, empathie , générosité et simplicité, je ne sais pas comment nous ferions pour  toutes ces situations de précarité ponctuelle souvent liées à des accidents de vie que personne ne peut prévoir et pour lesquelles il existe de moins en moins de dispositifs à terre."

 

Autre témoignage 

 

"On sent que l'Association des Abris du Marin, par l’intermédiaire du Service Social Maritime, cherche à rencontrer  et à comprendre la situation de la personne fragilisée. Au-delà des papiers ou justificatifs, ou seuls chiffres, elle prend le temps,  lors des  commissions  qu’elle organise, d’écouter les exposés, de comprendre et de partager la recherche de solutions."

 

Témoignage d’une Assistante Sociale du Service Social Maritime de Dunkerque

 

"L’association des Abris du Marin, tout comme l’œuvre du Marin Breton, est une institution précieuse pour nos marins actifs ou pensionnés, de même pour nous, assistantes sociales, qui travaillons au sein du Service Social Maritime. La conjoncture actuelle amène de plus en plus de précarité, et l’action sociale de l’ENIM n’intervient que lorsqu’il y a un contexte de maladie. Pour tous les autres cas, il est parfois difficile de trouver des solutions d’urgence. En cela, les Abris du

Marin apportent la bouée de sauvetage nécessaire pour pallier aux difficultés les plus pressantes. Ce qui nous permet, à nous, assistantes sociales, de travailler plus sereinement un projet à moyen ou long terme.

 

Un exemple : La reconnaissance d’une famille de 6 personnes, dont le chef de famille est marin-pêcheur sur un fileyeur. Les derniers mois de l’année 2015 ont été catastrophiques : fiches de paie à moins de 500€ voire parfois même négatives. Les Abris du Marin ont pu permettre une aide alimentaire et le règlement d’une facture urgente. L’épouse de ce marin a été très émue à l’annonce de l’aide apportée et remercie les Abris du Marin : "C’est bien que les associations comme ça existent pour venir en aide aux marins, un grand merci à eux" 

 

Une autre famille de 6 personnes a également été soutenue pour une aide au paiement du loyer, survenu à la suite d’un grave accident cérébral du chef de famille. Leur moyenne économique journalière était de 0.75€ par jour et par personne. Là encore, un grand merci à l'association des Abris du Marin pour son existence".

 

 
Dernière modification : 25/11/2017